Ami de l'inculture, bonjour.
Voici l'heure de ton émission vocablement non vocale favorite :
J'explique les expressions débiles en 10 leçons.
Premier opus : "ça fait un bail !"
Qui n'a jamais entendu cette expression profondément stupide et pourtant si usitée ?
Qui ne s'est jamais demandé "Qu'est ce que ça signifie ? D'où ça vient ? Comment ça s'écrit ce machin ? Finalement, ça fait combien un bail ?
Qui ?
Bon déjà, sachez que Nathalie n'a rien à voir là dedans.
(suggestion de précipitation)
Aucun lien non plus avec l'expression "bailler au Corneille " qui concerne uniquement le profond ennui surgissant à l'écoute dudit chanteur, alors qu'il braille des textes qu'aurait pu écrire Bernard-Henry Levy.
(suggestion d’évitation)
Non. Dans notre cas, il s'agit bien du bail, qui s'écrit comme ail mais avec un b, ou comme rail mais sans r.
Ceux qui louent un logement, un garage ou un comptable-dompteur savent parfaitement ce qu'est un bail. Pour les autres, il n'est pas vain d'en rappeler la définition.
Le Grand Robert (entre nous, c'est très exagéré, il ne mesure qu'1 m 74), Robert Le Moyen donc, nous dit : "Contrat par lequel l'une des parties, le bailleur, s'oblige à faire jouir (nota : au sens de "profiter", hein) l'autre…… et là il manque un bout parce que la page est arrachée. Vous mettez ce que vous voulez. Ou ce qui vous arrange. Ou les deux.
Ou rien du tout.
Un bail, oui. Mais lequel ? Parce que des baux, y'en a plein ! (oui, on dit un bail, des baux. Non je ne sais pas vraiment pourquoi).
Alors, bail d'habitation ? bail commercial ? 3-6-9 ? ça en fait en paquet ! Je n'ose même pas évoquer les concessions de cimetières dites "à perpétuité".
En fait, rien de tout ça. L'expression ´"ça fait un bail" est une référence aux baux de fermage, c'est-à-dire de location d'exploitation agricole, dont la durée est généralement longue (Exemple : 9 ans. Autre exemple : 999 999,99 ans mais c'est plus rare). Cela veut dire que l'on n'a pas vu une personne, ou une chose ou un extraterrestre de la planète Grouig 26 depuis trèèèès longtemps.
Cas concret : "ça fait un bail que je n'ai pas donné à manger à mon poisson rouge. Tiens il flotte à l'envers.".
Les expressions déritativistes :
" Vous êtes le bailleur faible. Au revoir !" : éructée par le locataire alors qu'il expulse son proprio à coups de pieds dans le fondement suite à un léger désaccord concernant le loyer.
" Bye bye" : onomatopée signifiant "Salut j’me casse". Cette expression fut un moment envisagée par un ex-animateur polimusitologue (surtout connu pour avoir signé les fameux accords d’éon) afin de faire plus "djeun" . Cette expression a finalement été abandonnée et remplacée par un pathétique mais néanmoins célèbre † au revoir †
" Il n'y a que bail qui m'aille" : volontiers utilisée par un squatteur repenti.
Prochaine diffusion de l'émission "J'explique les expressions débiles en 10 leçons" dans... (devinez) *
* solution de la devinette ci-dessus : un bail.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires